Quitter WPBakery, Divi ou Elementor : changer d’outil de mise en page sans tout casser
En bref : WPBakery, Divi et Elementor permettent de composer des pages à la souris, mais ils enferment vos contenus dans leur propre format : désactivez-les, et vos pages perdent leur mise en page, voire deviennent illisibles. Ils pèsent aussi sur la vitesse : en août 2026, d’après les données de Chrome, seuls 37 à 42 % des sites construits avec ces outils atteignaient les trois repères de vitesse de Google sur téléphone, contre 64 % des sites faits entièrement en blocs. Trois choix s’offrent à vous : alléger l’outil actuel, passer à sa nouvelle version (Divi 5, Elementor 4), ou reconstruire avec l’éditeur de blocs de WordPress. Dans tous les cas, on travaille sur une copie du site, page par page, en gardant les mêmes adresses.
Le vrai piège : des contenus enfermés dans l’outil
Un constructeur de pages (« page builder » en anglais) est une extension qui permet de composer une page à la souris : on glisse une colonne, une image, un bouton, et on règle tout à l’écran. WPBakery, Divi et Elementor sont les plus répandus sur WordPress. Le problème n’est pas l’outil lui-même, c’est la façon dont il enregistre vos pages :
WPBakery écrit chaque page avec ses propres codes entre crochets, appelés « codes courts », comme [vc_row] ou [vc_column_text]. Si l’extension est désactivée, ce sont ces codes qui s’affichent à la place de la page. Et quand certains éléments sont fournis par le thème, ce sont leurs codes qui s’affichent dès qu’on change de thème.
Divi 4 fonctionne de la même façon, avec ses propres codes. Divi 5, disponible en version stable depuis le 26 février 2026, enregistre les pages dans un nouveau format, mais il faut toujours Divi pour afficher la mise en page.
Elementor range la mise en page à part, dans ses propres données, et ne laisse dans le contenu de WordPress qu’une copie simplifiée de la page. Sans lui, les titres, les textes, les images et les liens restent, mais toute la mise en page disparaît.
La même page, une fois WPBakery désactivé, puis refaite en blocs : dans le premier cas, le visiteur voit des codes entre crochets mêlés au texte ; dans le second, le contenu reste lisible, avec ou sans extension.
Autrement dit, votre site dépend de l’outil pour s’afficher. Tant que celui-ci est suivi par son éditeur et qu’il vous convient, ce n’est pas grave. Le jour où il faut en sortir, en revanche, chaque page est à refaire.
Les signes qu’il est temps d’en sortir
Un constructeur de pages qui fonctionne bien peut tout à fait rester. Mais ces signes doivent vous faire réfléchir :
Le site reste lent malgré tout : le cache (une copie toute prête de chaque page, servie plus vite aux visiteurs) est réglé, les images sont allégées, l’hébergement est correct, et pourtant les pages se traînent sur téléphone. Le code que l’outil charge sur chaque page finit par peser.
Plus personne n’ose mettre à jour : l’outil, ses modules complémentaires et le thème doivent avancer ensemble, et chaque mise à jour fait peur. Quand l’outil est fourni avec le thème, ses mises à jour dépendent en plus de l’éditeur du thème.
Des failles à surveiller : comme toute extension, un constructeur de pages n’en est pas à l’abri. Une faille de WPBakery rendue publique le 31 août 2026 permettait à un simple « abonné » (le rôle le plus limité de WordPress, celui d’un visiteur inscrit) de glisser du code malveillant dans le site. La version 9.0 la corrige, mais seul un site mis à jour est protégé.
Modifier une page devient une épreuve : des colonnes imbriquées les unes dans les autres, des réglages différents sur ordinateur et sur téléphone, et la peur de tout décaler en changeant un mot.
Une nouvelle version vous attend : Divi 5 et Elementor 4 sont sortis en 2026, et en profiter demande de convertir ou de refaire les pages. Puisqu’il faut s’y mettre, c’est le bon moment pour choisir en connaissance de cause.
L’accessibilité laisse à désirer : un site accessible est utilisable par tous, y compris par les personnes en situation de handicap. En août 2025, la société américaine Equalize Digital, spécialisée dans ce domaine, a testé 19 outils de mise en page pour WordPress : Divi, testé avant la sortie de Divi 5, figurait parmi les derniers, et les défauts les plus fréquents touchaient la navigation au clavier et les formulaires.
Ce que disent les chiffres
Sur téléphone, en août 2026, 37 % des sites Elementor, 39 % des sites WPBakery et 42 % des sites Divi atteignent les trois repères de vitesse de Google, contre 49 % de l’ensemble des sites WordPress et 64 % des sites en thème de blocs.
Ces chiffres viennent de HTTP Archive, un projet qui analyse des millions de sites et publie chaque mois la part de ceux qui atteignent ces trois repères : l’affichage du contenu principal, la réactivité et la stabilité de la page. Ils sont mesurés sur les visites réelles des utilisateurs de Chrome. Voici le détail de ces chiffres d’août 2026, les derniers parus au moment où j’écris :
Les sites faits entièrement en blocs atteignent bien plus souvent les trois repères de Google que la moyenne de WordPress ; ceux construits avec Divi, WPBakery ou Elementor, nettement moins souvent.
Ces chiffres portent sur un très grand nombre de sites : près de 2,8 millions pour WordPress, 912 000 pour Elementor, 228 000 pour WPBakery, 158 000 pour Divi et 50 000 pour les sites faits entièrement en blocs (on parle de « thème de blocs »). Ils ne prouvent pas que l’outil soit seul en cause. HTTP Archive le rappelle lui-même : la vitesse dépend de nombreux facteurs, et un outil peut équiper surtout des sites plus simples, ou plus complexes. Un hébergement bas de gamme ou des images trop lourdes jouent aussi. Mais l’écart est net, et il se retrouve pour chacun des trois outils. Pour les autres causes de lenteur, voir mon guide sur les sites lents.
Les éditeurs de ces outils ont réagi. WPBakery 9, sorti le 29 juillet 2026, charge ses styles de façon plus ciblée, au lieu d’un gros fichier commun à toutes les pages ; WPBakery annonce un affichage plus rapide, tout en précisant que le gain dépend de chaque site. Elementor 4, sorti fin mars 2026, apporte de nouveaux éléments au code beaucoup plus simple, avec une seule boîte par élément au lieu de plusieurs imbriquées. Pour WPBakery, il suffit de mettre l’extension à jour. Pour Elementor, seuls les nouveaux éléments en profitent : les pages existantes restent telles quelles tant qu’on ne les refait pas.
Trois options, selon votre site
Vous pouvez alléger l’outil actuel, passer à sa nouvelle version (Divi 5, Elementor 4), ou reconstruire le site avec l’éditeur de blocs de WordPress. Le bon choix dépend de l’âge du site, de l’outil, et de ce que vous attendez des prochaines années.
Les trois options pour un site construit avec WPBakery, Divi ou Elementor
Option
Pour qui
Ce que ça règle
Ce qui reste
Alléger l’outil actuel
Un site récent, un outil à jour, un budget serré
Une partie de la lenteur : mises à jour, éléments inutiles retirés, cache et images
Vos pages restent enfermées dans le format de l’outil
Passer à sa nouvelle version (Divi 5, Elementor 4)
Vous aimez votre outil et il couvre vos besoins
La vitesse, sur les pages converties ou refaites
La dépendance à l’outil, et des modules d’autres éditeurs pas toujours compatibles
Reconstruire avec l’éditeur de blocs de WordPress
Un site qui doit durer, et que vous voulez modifier sans crainte
La lenteur due à l’outil, et la dépendance : le contenu reste lisible avec n’importe quel thème
Un vrai chantier, page par page, à préparer
Passer à Divi 5 est le chemin le plus court : l’outil de migration intégré convertit en un clic les modules propres à Divi, et garde une copie de vos anciennes pages pour revenir en arrière. Mais les modules d’autres éditeurs qui n’ont pas été adaptés ne sont pas convertis. Ils fonctionnent toujours, et une page qui en contient un charge alors aussi l’ancien Divi 4, ce qui peut la ralentir. Elegant Themes, l’éditeur de Divi, s’est engagé à maintenir Divi 4 (sécurité et compatibilité avec les nouvelles versions de WordPress) au moins douze mois après la sortie de Divi 5, soit au moins jusqu’à fin février 2027.
Passer à Elementor 4 ne change rien aux pages existantes : pour profiter des nouveaux éléments, plus légers, il faut refaire les pages avec eux. Elementor permet de les adopter petit à petit, en les mêlant aux anciens sur une même page ; sur un site existant, il faut d’abord les activer.
Reconstruire avec l’éditeur de blocs, c’est revenir à l’outil intégré à WordPress, longtemps jugé trop limité, et qui a comblé une bonne partie de son retard. WordPress 7.0, sorti le 20 mai 2026, permet d’afficher ou de masquer un bloc selon l’écran, d’ajouter du code de mise en forme (CSS) à un seul bloc, et de manier un ensemble de blocs tout fait comme un seul élément, qu’on peut détacher pour le retoucher. WordPress 7.1, sorti le 19 août 2026, a ajouté des réglages par taille d’écran sans écrire de code, des boutons qui réagissent au survol, et des onglets. Surtout, le contenu est enregistré dans le format de WordPress lui-même : tant qu’on s’en tient aux blocs fournis par WordPress, il ne dépend d’aucune extension pour s’afficher.
La méthode pour changer sans tout casser
Quelle que soit l’option, la méthode est la même : on ne touche jamais au site en ligne avant que la nouvelle version soit prête.
Quatre étapes, et le site en ligne ne bouge pas avant la dernière.
Faire l’inventaire. Toutes les pages, les modèles qui reviennent, les éléments particuliers (formulaires, carrousels, onglets, cartes interactives), l’adresse de chaque page, et celles qui comptent le plus dans Google, d’après la Search Console, l’outil gratuit de Google qui montre comment le site apparaît dans ses résultats.
Préparer une copie du site. Tout le travail se fait sur une copie, cachée aux visiteurs et à Google. Le site en ligne continue de tourner normalement.
Refaire page par page. Mêmes adresses, mêmes textes, mêmes titres et mêmes descriptions pour Google. Si une adresse doit changer, une redirection renvoie l’ancienne vers la nouvelle. C’est aussi l’occasion de faire le tri dans les extensions.
Basculer, puis mesurer. Mettre la nouvelle version en ligne, comparer la vitesse avant et après, tester chaque formulaire, puis surveiller la Search Console pendant les semaines suivantes.
Ce qui fait varier le travail
Deux sites de même taille peuvent demander un travail très différent. Ce qui compte vraiment :
Le nombre de modèles, plus que le nombre de pages : vingt pages bâties sur trois modèles se refont plus vite que cinq pages toutes différentes.
Les éléments particuliers : formulaires, filtres, carrousels, cartes interactives, et toutes les fonctions ajoutées par des modules complémentaires.
Les langues : chaque version traduite est une page de plus à refaire et à vérifier.
La boutique : sur WooCommerce, les fiches produit et le tunnel de commande demandent des tests poussés.
Les contenus à nettoyer : des textes collés avec leur ancienne mise en forme, des images en double, des pages oubliées.
Votre site tourne sous WPBakery, Divi ou Elementor ?
Je regarde votre site tel qu’il est, et je vous dis honnêtement quelle option vous convient, y compris celle de ne rien changer si votre outil vous sert bien. Si l’on change, je travaille sur une copie, page par page, en gardant vos adresses, et je mesure la vitesse avant et après. Vous parlez directement à celui qui code.
Normalement non, si la migration est bien préparée : mêmes adresses, mêmes contenus, mêmes titres, et une redirection pour chaque adresse qui change. Un site plus rapide est même un atout.
Puis-je garder mon outil actuel ?
Oui, s’il est à jour, que le site est assez rapide et que vous modifiez vos pages sans difficulté. La question n’est pas de suivre une mode, mais de savoir ce que l’outil vous coûte, en lenteur, en mises à jour et en temps passé.
Divi 5 règle-t-il le problème ?
Pour la vitesse, il peut aider, si tous vos modules sont convertis : les pages deviennent plus légères. Mais une page qui contient un module d’un autre éditeur, pas encore adapté à Divi 5, charge aussi l’ancien Divi 4, ce qui peut la ralentir. Et vos contenus restent liés à Divi.
Et WPBakery 9 ?
Cette version de juillet 2026 modernise l’écran de travail et charge moins de styles inutiles, sans rien changer à vos pages. Elle mérite d’être installée, d’autant qu’elle corrige une faille. Mais vos pages restent écrites avec les codes de WPBakery : la dépendance, elle, ne change pas.
Peut-on changer petit à petit ?
Oui, en préparant les pages une à une sur la copie du site. La bascule, elle, se fait d’un coup, pour ne pas faire cohabiter deux outils sur le site en ligne.
Combien coûte une migration ?
Tout dépend du nombre de modèles de pages et des éléments particuliers à refaire. Je ne donne jamais de prix à l’aveugle. Décrivez-moi votre site : je vous réponds sous 24 h ouvrées, puis je vous envoie un devis clair, détaillé poste par poste.
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